Au milieu des différents aspects du traité d’Aix-la-Chapelle, un chapitre a retenu l’attention avec un clin d’oeil à l’histoire. Il s’agit de l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, notamment avec la convergence économique, fiscale et sociale ainsi que la durabilité dans toutes ses dimensions.
En effet, le principal gain de la France à ce stade, des relations franco-allemandes, est les taux bas avec un 10 ans à 0,6%. En particulier, cette fois, c’est le Bund avec son taux de 0,2% qui permet à la France de se refinancer à un coût très bas eu égards à sa dette colossale qui frôle les 100% du PIB. En particulier, l’Allemagne qui contrôle la Commission et surtout la BCE, a laissé faire la QE et l’indulgence de la Commission envers la France.
Il s’agit d’un clin d’oeil avec l'histoire car dans les années 90, ce sont les taux élevés du Mark qui avaient étouffé l’économie française. En effet, la France qui était en position de force politique, avait validé malgré tout, l’union entre la RFA et la RDA. Or, pour financer cette union et la mise à niveau de la RDA, la nouvelle Allemagne avait pratiqué une politique de taux élevés ce qui avait obligé la France d’en faire de même pour défendre le Franc. Comme la France n’était pas en phase d’expansion économique, cette politique avait asphyxié l’activité et consolidé le chômage de masse.
In fine, l’option actuelle retenue depuis le quinquennat de François Hollande, semble être celle d’un arrimage politico-économique à l’Allemagne. Celui-ci, permet notamment de garder à moindre coût à l’euro ainsi qu’un refinancement aisé de la dette à des taux bas. Aussi, la mutualisation de certaines dépenses de développement transfrontalier et de défense, sont de nature à soulager le budget français. Naturellement, comme “there is no free lunch”, l’Allemagne s’attend en retour à une forte alliance politique qui facilite notamment une hégémonie allemande en UE via un Soft Power.