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Editorial: le vrai du faux dans l’immigration

Immigration

La libération de la parole a permis à certains hommes politiques et observateurs, d’asséner certaines idées et constats sur l’immigration. Naturellement, certains constats sont approximatifs, exagérés ou faux. 

Tout d’abord, il n’existe pas une seule immigration mais plusieurs immigrations. En effet, les maghrébins et les africains de l’Ouest n’ont pas les mêmes caractéristiques que les soudanais, les afghans ou les sri-lankais. Aussi, les étudiants sont naturellement différents des travailleurs quand les sans-papiers sont un cas problématique à part. De plus, même au niveau des  sans-papiers, nous pouvons distinguer ceux qui ont perdu leurs titres de séjour de ceux qui sont rentrés clandestinement. 

Par ailleurs, le lien entre l’immigration et l’insécurité qui est étayé par la sur-représentation des étrangers dans les prisons, mérite un retraitement statistique plus approfondi. En effet, il faut mesurer la part des étrangers dans les banlieues ou dans les CSP les plus exposées aux infractions. En particulier, en se référant à des chiffres généraux, un biais statistique évident existe vu la plus faible représentation des étrangers parmi les retraités et les personnes âgées. 

Aussi, à un niveau historique, une bonne partie de l’immigration a été à l’initiative de la France et non l’inverse. En effet, l’immigraion non-européenne a démarré quand la France colonisait/administrait le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. Aussi, elle s’est poursuivie durant les trentes glorieuses vu les besoins importants de main d'œuvre dans une europe saignée par deux guerres mondiales. Enfin, c’est dans un élan socio-économique, que le gouvernement français a permis le regroupement familial, démultipliant la présence d’immigrés en France. 

Justement, le seul constat réel est celui du changement de la dimension culturelle de la France après les différentes vagues d’immigration non-européenne. En effet, passer de près de 0% à 20% de musulmans français, n’est pas neutre. De plus, au-delà de la religion, certaines habitudes culturelles ou culinaires, ne sont pas forcément appréciées de tout le monde. Aussi, en absence de statistiques officielles, il semble que rien n’est fait pour encourager les mariages mixtes et le métissage de la France, que certains refusent catégoriquement.