Pour ce scrutin des européennes, le Rassemblement National a non seulement confirmé son statut de premier parti de France avec 23,3% des voix mais a cette fois acquis le statut de principal opposant au gouvernement en place, se plaçant actuellement comme la seule alternance possible en 2022.
En effet, contrairement à 2014, LR et le PS n’affichent qu’un score cumulé de 15% contre près de 35% en 2014. Surtout, avec 8,5% des voix, LR s’est écroulé. Ainsi, en dehors de l’apparition d’un homme providentiel, LR et le PS ont peu de chances d’ambitionner à une présence au second tour de la présidentielle de 2022. En clair, le second tour de 2022 est déjà inscrit entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
D’ailleurs, le président a joué cette carte dès les législatives de 2017 en écartant toute alliance avec le PS et en débauchant chez LR, notamment en nommant un premier ministre de droite. Ainsi, le Rassemblement National a pu piocher à a droite de LR quand LREM a repris les électeurs des anciens de l’UDF et du centre-droit.
Toutefois, pour Macron, cette manoeuvre n’est pas sans risque comme le montre la deuxième place de sa liste malgré un taux de participation record de 52%. Aussi, son score de 22% masque l’épuisement du réservoir de voix avec les 15% cumulés de LR-PS. De plus, en 2022, Macron aura un bilan à défendre ce qui n’écarte pas une surprise à la Trump ou à l’image du Brexit surtout si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
Notons enfin que les écologistes ont repris le leadership de la gauche avec un score de 13,5%, loin devant les 6,2% de la France Insoumise et du PS. Toutefois, même si le PS et EELV ont déjà conclu des alliances dans le passé, il paraît difficile d’envisager à ce stade une union de la gauche pour 2022.