Au niveau théorique, l’imposition d’un visa d’entrée aux citoyens des pays d’origine des immigrés potentiels, est la principale disposition anti-immigration. Toutefois, au niveau du terrain, cette mesure n’a pas tenu ses promesses car l’immigration clandestine n’a jamais été aussi importante, monopolisant les débats politiques quotidiens en France.
En effet, une bonne partie des immigrés clandestins, entre en France sans visa, via l’Italie ou l’Espagne, pays ralliés par voie maritime. Aussi, d’autres clandestins arrivent en France en se faufilant via les camions de transport international ou les bateaux de marchandise. De même, d’autres immigrés clandestins sont tout simplement fabriqués par l’administration française qui refuse la prolongation de leurs titres de séjour ou oublie de les expulser après la fin de non-recevoir opposée à leur demande d’asile.
A contrario, l'existence de visa dissuade le retour des clandestins dans leurs pays d’origine. En effet, ces derniers savent très bien qu’un tel retour est définitif sans aucune possibilité de retrouver la France. Or, en cas de libre circulation entre la France et certains pays comme ceux du Maghreb, ces clandestins sont tentés de retourner momentanément chez eux surtout lors des phases de récession et de chômage.
Par ailleurs, l’absence de visa d’entrée, ne signifie pas automatiquement une invasion de la France. Ainsi, à titre d’exemple, le Brésil, la Turquie et la Corée du Sud, ont exempté les citoyens marocains de visa sans pour autant, être submergés par l’immigration clandestine. En effet, les autorités d’un pays peuvent refuser l’entrée à des voyageurs quand le motif professionnel ou touristique n’est pas évident.
En conclusion, la question des visas mérite bien une étude sérieuse autant au niveau quantitatif que qualitatif. Il s’agit notamment de quantifier le nombre de clandestins qui sont entrés en France via un visa. Il en est de même pour le pourcentage d’immigrés potentiels dissuadés par la refus de visa. Enfin, au pire, l’entrée légale de clandestins potentiels, permet de le recenser et de fiabiliser les données qui les concernent.