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Edito : l’alternance forcée

Le Pen et Bardella

Comme Jacques Chirac en 1993, le RN et ses relais ne semblent plus capables de patienter jusqu’en 2027 pour valider l’alternance politique par les urnes. D’ailleurs, la ressemblance avec 1993 s’illustre même par l'existence de deux présidentiables dans le camp de l’extrême-droite.

Ainsi, Marine Le Pen et Jordan Bardella multiplient les déplacements quasi-présidentiels et les postures régaliennes. Surtout, les relais médiatiques (ex : CNews) et digitaux, sur-couvrent ces sorties qui éclipsent même celles du gouvernement de François Bayrou. 

Aussi, un cap a été franchi dans l’opposition frontale à Emmanuel Macron, avec l’alignement sur les critiques et les éléments de langage d'un pays étranger avec l'applaudissement des sorties anti-françaises de Benjamin Netanyahou. Pire, le RN cherche une confusion volontaire entre la politique intérieure et la politique étrangère, important le conflit israélo-palestinien dans une posture symetrique à celle de LFI.

Pourtant, cette tactique est risquée car comme en 1995, une figure du pouvoir en place peut accéder au second tour de la présidentielle, Edouard Philippe étant la réincarnation politique potentielle de Lionel Jospin. Aussi, une lutte fratricide peut miner le RN avec une opposition entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, arbitrée de l’extérieur par Marion Maréchal.

En outre, cet empressement pour l'alternance fait oublier au RN tout travail de fond. En effet, l’extrême-droite avance peu de nouvelles propositions innovantes, se contentant d’insister sur le domaine  de l’immigration et de la sécurité avec des propositions réchauffées de Nicolas Sarkozy ou de Charles Pasqua. Surtout, le RN n’a pas de propositions concrètes dans le domaine des retraites, de la dette, de la productivité et de l’Europe.