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Editorial: la démocratie participative

Démocratie participative

La fracture actuelle entre la majorité des français et le gouvernement élu, a rappelé les limites de la démocratie basée uniquement sur des scrutins figés comme les législatives ou la présidentielle. Surtout, cette majorité opposée à la réforme actuelle des retraites, mesurée par les sondages, est confirmée par la mobilisation des syndicats et des partis politiques de l’opposition. 

En effet, quand le système électoral prime sur l’expression de la majorité, ceci crée des déconvenues et des frustrations ainsi que des tentations populistes. D’où l’intérêt, du développement de la démocratie participative qui peut être un palliatif aux systèmes électoraux imparfaits. 

Cette démocratie participative peut passer par la généralisation des référendums d’initiative populaire, des pétitions voire des référendums révocatoires. Ainsi, pour les référendums d’initiative populaire, c’est la Suisse qui constitue le meilleur laboratoire avec l’introduction de cette disposition au niveau fédéral dans la Constitution dès 1848. En cas de recueil d’un nombre de signatures et de validation de la forme par la chancellerie, des dispositions constitutionnelles ou des lois peuvent être changées en cas de vote par référendum. Le recours à l'initiative populaire en Suisse s'est fait à plus de 200 reprises depuis l’adoption de cette mesure même si 90% des propositions ont été rejetées.

Quant au référendum révocatoire qui est le dernier né des motions d’initiative populaire, ce dernier a la faveur notamment d’une partie de la gauche française et des mouvements altermondialistes. Il s’agit concrètement de pouvoir remettre en jeu le mandat d’un député voire d’un président, si un nombre de signatures est rassemblé. La philosophie de cette mesure est liée au postulat qu’une élection est un contrat passé entre les électeurs et l’élu. Si ce dernier ne respecte plus le contrat, les électeurs sont en droit de le lui signifier en lançant un référendum révocatoire. En cas de succès, une nouvelle élection est organisée.

In fine, la démocratie participative permet de limiter les défauts d’un système démocratique basé sur la "dictature" de la majorité qui impose ses choix à une large minorité. Aussi, elle permet de corriger les excès d’une élection influencée par des circonstances externes. D’ailleurs, le succès des populistes réside en la transformation des désirs majoritaires dans l’opinion en programme électoral, en évitant le langage trop politiquement correct.