Alors qu’Angela Merkel poursuit son quatrième mandat, Il faut remonter à 1965 et au Général De Gaulle pour trouver un président français réélu sans qu’il soit en situation de cohabitation. En effet, François Mitterrand en 1995 et Jacques Chirac en 2002, étaient réélus alors qu’ils étaient en situation de cohabitation avec un premier ministre comme premier opposant.
Surtout, Valéry Giscard D’Estaing en 1981 et Nicolas Sarkozy en 2012, ont été battus aux élections présidentielles quand François Hollande en 2017 et dans une moindre mesure, Jacques Chirac en 2007, n’étaient pas en situation de défendre leurs chances. D’ailleurs, même Emmanuel Macron est mal parti pour rééditer l’exploit du Général De Gaulle vu sa cote de popularité actuelle.
Cette éternelle alternance ne semble pas spécialement s’expliquer par des questions économiques car à ce niveau, Lionel Jospin aurait mérité d'être élu en 2002 quand Emmanuel Macron aurait dû être sanctionné de la même manière que François Hollande en 2017. En effet, Emmanuel Macron était l’éminence grise économique du quinquennat de Hollande.
De même, ce désaveu des sortants, n’est pas une question de charisme ou d’autorité. En effet, les profils sont différents en passant du paternalisme de Chirac à l’énergie de Sarkozy ainsi qu’à la présidence normale de Hollande. Aussi, même la synthèse jupitérienne de Macron, ne semble pas séduire, du moins au niveau de la popularité mesurée par les sondages.
En effet, il semble que les électeurs cherchent un homme providentiel qu’ils ne trouvent plus, ce qui est naturel vu la Constitution de la cinquième République, taillée sur le Général De Gaulle. Un tel homme providentiel est censé résoudre tous les problèmes des français tout en les rassurant au quotidien. Or, une telle configuration est devenue difficile à l’ère moderne.
De même, le prix à payer pour cette éternelle alternance est le manque de stabilité dans la conduite des grandes politiques pubIiques surtout depuis que le septennat a été transformé en quinquennat. Ainsi, même des présidents qui étaient ministres dans le quinquennat précédent comme Sarkozy et Macron, ont sévèrement critiqué le bilan de leurs prédécesseurs, ce qui a renforcé cette défiance envers les sortants.