Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, les groupes français et leurs patrons sont souvent placés devant un dilemme. En effet, avec la mondialisation, ils sont obligés de chercher des marchés à l’étranger ainsi que des capitaux internationaux.
D’ailleurs, l’actualité des derniers jours est remplie d'événements ce cette nature comme les investissements de LVMH, de Vinci et de Dassault Systèmes aux Etats-Unis ou l’irruption du fonds Elliott dans le capital de Pernod Ricard ainsi que les discussions par presse interposée entre Nestlé et L’Oréal.
Ainsi, les groupes français dont le CAC 40 est le symbole, génèrent désormais la majorité du CA à l’étranger en plus d’un actionnariat qui est souvent majoritairement international. Aussi, cette boucle s’auto-renforce car les actionnaires internationaux poussent les groupes français à opérer des acquisitions à l’international où à se rapprocher d’entreprises étrangères.
De plus, même le PDG le plus patriote, ne peut s’opposer à la volonté des actionnaires de maximiser les profits, ce qui passe parfois par des décisions impopulaires en France. C’est le cas de la modération salariale voire des délocalisations dans les pays à bas salaires. Aussi, les investissements en France ainsi que les recrutements, redeviennent opportunistes à l’image des concurrents étrangers.
In fine, ce dilemme n’a quasiment pas de solutions car les alternatives sont peu séduisantes. En effet, les grands groupes français ne peuvent se recentrer sur l’Hexagone qu’au prix d’une forte réduction de la taille au risque de se faire malmener sur le marché interne. L’autre solution qui serait autant aventureuse, serait celle d’une implication de l’Etat et des collectivités locales dans le capital et dans la dette. Enfin, un partenariat capitalistique avec les banques françaises, semble difficile à mettre en place à moins d’un consensus national impliquant l’Etat, le MEDEF, les syndicats et les électeurs.