Selon l’Insee, en juin, le déficit commercial s’est dégradé de 200 millions d’euros pour s’établir à 6,2 Mrds d’euros. Ce déficit est essentiellement lié à une très forte hausse des achats énergétiques qui a annulé la bonne performance des exportations de produits de l’industrie manufacturière.
Ainsi, les exportations ont rebondi partiellement (+1,0 % après -2,0 % en mai), comme le montre l’exemple des livraisons d’Airbus qui ont atteint 2,95 Mrds d’euros contre 1,6 Mrd d’euros en mai. Toutefois, sous le poids des hydrocarbures (un solde de -2,8 Mrds d’euros en juin), les importations ont augmenté (+1,4 % après -0,1 %). Le déficit cumulé des douze derniers mois a atteint 62,9 Mrds d’euros, contre 63,4 milliards pour l’année 2017.
Par ailleurs, l’un des éléments les plus marquants est le solde avec l'Afrique qui se dégrade de nouveau sous l'effet conjoint d'une baisse des exportations (-5,2%) et d'une hausse des importations (+3,6%). Il a ainsi atteint, son plus bas niveau depuis janvier 2014, à -259 millions d’euros au mois de juin. La balance commerciale est même déficitaire pour le 6e mois consécutif, situation inédite jusqu'ici.
Le solde des échanges se détériore notamment avec l'Algérie à -51 millions d’euros, à la suite d'un pic des approvisionnements énergétiques (+48,4%). Il devient même déficitaire, égalant son plus bas niveau des dix dernières années.
En conclusion, outre le chômage, l’une des raisons qui expliquent l’atonie de la croissance en France, est le déficit commercial. Surtout, la hausse du prix du pétrole a un double effet négatif avec la poussée inflationniste en plus de la détérioration du solde commercial.